
Par Ernest Saint-Fleur
Dans le football haïtien, certaines croyances ont la peau dure. Pendant longtemps, il n’était pas rare de voir des équipes refuser d’entrer par le portail principal du club hôte les jours de match. La raison ? Éviter tout mauvais sort supposément placé à l’entrée pour déstabiliser l’adversaire.
Ces pratiques, ancrées dans la superstition, traduisent surtout la pression et l’importance émotionnelle que représente le football dans le pays. Quand l’enjeu est grand, certains préfèrent se rassurer comme ils peuvent, même si cela relève davantage du symbolique que du rationnel. Mais à l’heure où le football haïtien cherche à se professionnaliser et à progresser sur la scène internationale, une question mérite d’être posée : la performance ne dépend-elle pas avant tout du travail, de la préparation tactique et du mental plutôt que des croyances ?
Remettre en question ces habitudes, ce n’est pas renier la culture. C’est plutôt choisir de bâtir un football plus confiant, plus structuré, plus professionnel et tourné vers l’avenir.