
Par Jackenson Louis
Les tensions couvent entre Hervé Bazile et la Fédération Haïtienne de Football (FHF). Dans une récente prise de parole, l’international haïtien accuse l’instance dirigeante d’avoir négligé ses obligations financières à son égard. Une déclaration qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans un paysage déjà fragilisé par des années de crises institutionnelles.
Mais la FHF contre-attaque. Dans un dossier transmis à la presse, la Fédération réfute catégoriquement les allégations de Bazile. Elle produit notamment une lettre signée par Carlo Marcelin, alors secrétaire général, adressée au club français du Havre, datée du 25 mai 2021 à 11h31. Ce document, censé prouver la convocation officielle du joueur pour une période internationale, est présenté comme une preuve que l’administration avait rempli son rôle dans les règles.
Le débat, cependant, ne se limite pas à un simple échange de documents. Derrière cette querelle, des zones d’ombre persistent. Aucune preuve tangible d’une dette ou d’un paiement n’a été rendue publique de part et d’autre. Les accusations de Bazile restent orales, tandis que la FHF, elle, se défend sur le terrain administratif.
La Fédération va plus loin et interroge désormais les motivations de cette sortie médiatique : malentendu, manipulation ou volonté de nuire ? Elle évoque une tentative de déstabilisation d’un Comité de Normalisation déjà contesté mais qui affirme œuvrer, malgré tout, à la reconstruction d’une institution fragilisée.
Ce bras de fer met en lumière un malaise plus large : le manque de transparence dans les relations entre la FHF et ses joueurs, ainsi que l’absence de mécanismes clairs pour trancher de telles contestations. Dans un contexte où la confiance dans les structures sportives haïtiennes est au plus bas, l’affaire Bazile révèle peut-être autre chose qu’un simple contentieux financier : un symptôme d’un système encore en quête de légitimité.