
Par Jackenson Louis
Mardi soir, Haïti n’a pas simplement disputé un match, elle a soulevé le poids d’un demi-siècle et l’a transformé en lumière. En battant le Nicaragua 2-0, les Grenadiers ont rompu 51 longues années de silence mondialiste et rallumé l’étincelle qui sommeillait dans le cœur du peuple.
Depuis 1974, la route du Mondial semblait enfouie sous les regrets. Elle redevient aujourd’hui un chemin flamboyant. Le match face à Nicaragua venait tout juste de s’installer quand le destin a choisi son camp. À la 9ᵉ minute, Deedson s’empare du ballon sur le flanc droit, il accélère, feinte, s’évade de son marquage et déclenche une frappe sèche, nette, souveraine. Le cuir traverse l’air comme une flèche, échappe au portier nicaraguayen, et embrase le stade. Un souffle coupé. Une clameur. Un pays qui se redresse. Mais les Grenadiers n’avaient aucune intention de s’arrêter là : ils étaient venus pour signer un chapitre éternel.
Peu avant la pause, Providence au nom presque écrit pour ce moment surgit au milieu de la surface.
Une tête ferme, impériale, qui scelle le score.
(2-0). La séparation. Le soulagement. Le rêve qui prend forme. La seconde période fut une bataille de courage, de discipline et d’énergie.
Haïti a tenu comme on garde un secret précieux, a lutté avec une détermination forgée par l’histoire, et a protégé son avantage comme on protège un héritage. Puis retentit le coup de sifflet final.
Et d’un seul souffle, la nation entière retrouve sa voix.
Deux années qui se font face comme les pages d’un même livre sacré. Deux générations qui se rejoignent dans une même vibration ,la fierté. Haïti retournera sur la plus grande scène du football aux États-Unis, au Canada et au Mexique avec un drapeau plus vivant que jamais.
Mardi soir, les Grenadiers n’ont pas seulement gagné. Ils ont réanimé un rêve. Ils ont offert à tout un peuple une part d’éternité.
Alasoooooo !